Vous espérez toujours une baisse de prix pour réaliser votre rêve de devenir propriétaire d’une maison ou d’un condominium sur l’île de Montréal? Vaudrait mieux vous faire à l’idée et revoir vos plans du tout au tout.

 

Selon les données les plus récentes de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL), l’immobilier de l’île de Montréal ne dérougit pas malgré l’augmentation significative des mises en chantier ces cinq dernières années.

 

Au contraire, non seulement le marché de la revente continue de bien se porter, mais l’augmentation des prix va en s’accélérant, estiment les économistes de l’organisme fédéral.

 

Dans la grande région (région métropolitaine de recensement) de Montréal, on parle depuis le début de 2017 d’une hausse de 6,1% des prix, comparativement à 3,6% en 2016 et 1,9% en 2015, indiquent les dernières données de la SCHL.

 

Cette hausse des prix est encore plus importante sur l’île de Montréal seulement. On parle de 10% d’augmentation sur l’an dernier pour acquérir une résidence unifamiliale. Son prix moyen s’établit à 586 400$, comparativement à 341 600$ (+6%) sur la Rive-Sud et de 286 500$ (+5%) en moyenne sur la Rive-Nord, en excluant Laval.

 

Ces dernières données étaient présentées ce mardi matin par Geneviève Lapointe et Francis Cortellino, deux analystes de la SCHL. Leur présentation faisait partie des conférences thématiques sur le marché de l’habitation, organisées au Palais des congrès de Montréal par les Événements Les Affaires, une division du Groupe Les Affaires de TC Media.

 

Malgré ces hausses de prix, résultat d’une baisse de 14% de l’offre de revente par rapport au sommet de 2015 (34 400 unités à vendre), les acheteurs demeurent actifs dans la grande région de Montréal. Depuis le début de 2017 (janvier à octobre), le nombre de transaction a crû de 7% par rapport à ce qu’il avait été à pareil date l’année précédente.

 

Cette tendance paraît encore plus marquée lorsque le marché des copropriétés est pris isolément. Depuis le début de l’année, sur l’île de Montréal, les ventes de condominiums ont crû de 17 %, de 20% sur la Rive-Nord et de 21% à Laval.

 

Au cours des 20 dernières années, soutient la SCHL le prix du terrain résidentiel vacant a augmenté de 200 à 300% sur l’île de Montréal et de plus de 300% à 400% dans les secteurs les plus chauds de l’île, comme le centre-ville, le Plateau Mont-Royal et le Sud-Ouest.

 

Cette tendance s’expliquerait par une bonne tenue du marché de l’emploi, un  vieillissement rapide de la population et une hausse du solde migratoire au moins jusqu’en 2019. Le niveau élevé d’endettement des ménages, dans un contexte prévisible de remontée des taux hypothécaires, constitue des facteurs atténuants.

 

Mais de manière générale, les analystes affichent bien peu de doutes. Tant que le marché de l’emploi se maintiendra, le nombre de transactions ira en augmentant et une progression des prix plus soutenue est à prévoir.

Par ANGELICA BOT